
Au début j'ai pensé "mais voyons, tout est parfaitement normal". Je n'aurai pas du.
Je l'avoue car cela ne servirait à rien de l'ignorer, j'ai pris le mauvais chemin, celui qui me paraissait plus facile, moins ombrageux et surtout main dans la main avec le diable, tout sourire, je croyais arriver dans un pays appelé l'Amour. Mais il faut croire que ma vue n'est pas claire. Le cauchemar commence. Enchainée, j'avance. J'hurle mes poumons se décollent presque, encore un peu, on va t'entendre.
Ici les cœurs sont sourds, le fleuve tranquille se transforme en un torrent qui mène droit à Ades, et je trébuche lamentablement, les genoux écorchés je regarde droit devant. Puisque j'y suis déjà, puisque comme le disait si bien
Poe, le démon de la perversité n'est-il pas le meilleur ami de l'homme, je choisi de le côtoyer jour et nuit. Main dans la main, cette fois, je suis de la partie. J'avance, pions par pions, les éléments autour de moi. L'engrenage est trop grand, et je ne suis qu'un rouage de cette machine infernale. La cupidité, l'ivresse du mal et de la douleur m'ont trainée dans les méandres de mon passé. Car le futur s'est enfuit, il y a bien longtemps et seuls de tristes souvenirs me bercent et m'endorment les nuits moitent de remord et de rancune. Le silence m'enveloppe doucement, et je sombre.
L'amour du mal me perdra.